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Truffle 100 : l'Ile-de-France, deuxième région technologique en Europe

21 Janvier 2010 , Rédigé par Sandrine Publié dans #high tech

Dans L'Usine Nouvelle par Christophe Dutheil
Bernard-Louis Roques, directeur général et co-fondateur de Truffle Capital
Bernard-Louis Roques, directeur général et co-fondateur de Truffle Capital
© DR

  A l'appui des données collectées l'an dernier pour son classement « Truffle 100 Europe », le fonds d'investissement Truffle Capital vient de cartographier les principales régions technologiques en Europe. L'Ile-de-France, en seconde place, est talonnée par le Grand Londres.

« Les clusters - l'exemple le plus parlant étant la Silicon Valley américaine - concentrent dans une zone tout un savoir-faire clé : l'ensemble des personnes qui comptent pour ce secteur, mais aussi les avocats spécialisés, les analystes... », explique Bernard-Louis Roques, directeur général et co-fondateur de Truffle Capital. « Tout ce microcosme est le garant d'une compétitivité dans un secteur et générateur d'emplois », poursuit -il : « pour chaque emploi dans la recherche et le développement chez un éditeur, ce sont trois autres emplois qui sont créés dans des sociétés extérieures ».

Où sont les principaux clusters du logiciel en Europe ? D'abord en Allemagne, où les valle´es Rhin-Main-Neckar représentent la première région pour l'activité de l'édition (avec 12,5 milliards d’euros de revenus et un effectif R&D de 19 047 collaborateurs). Ensuite en France, où l'Ile-de-France (2,4 milliards d'euros et 5 863 salariés en R&D) héberge entre autres l'éditeur de logiciels de CAO Dassault Systèmes. « Il pèse environ 40% des revenus », selon Bernard-Louis Roques.

Troisième région « phare » : le Sud-Est de l'Angleterre, une zone qui comprend le Grand Londres (1,8 milliard d'euros de revenus et des effectifs en R&D se situant à 6 670 collaborateurs). A noter toutefois que le Royaume-Uni compte deux autre régions dans le top 10 : le Nord-Est de l'Angleterre (1,3 milliard d'euros) et l'Est (565 millions), respectivement en quatrième et en septième positions sur le podium.

Garder les centres de décision

« La France a beau être un pays centralisé, l'Ile-de-France est dépassée par l'Allemagne et rattrapée par le Royaume-Uni », analyse Bernard-Louis Roques. Le danger ? « Lorsque les leaders hexagonaux, comme Business Objects et Ilog en France, passent sous pavillon étranger [le premier a été racheté par SAP en 2007 et le second est tombé dans l'escarcelle d'IBM en 2008], on constate que leurs centres de décision se déportent dans ces pays et qu'ils recrutent de moins en moins dans l'Hexagone ». Autre risque pour la France : « devenir un pays où ne seront localisés que des intégrateurs de logiciels, sans véritable capacité de R&D dans l'édition ».

D'où la nécessité de favoriser l'émergence de leaders et de clusters, martèle le dirigeant. En évitant de s'éparpiller. « Le plus sûr moyen de ne pas compter au niveau mondial dans le logiciel, ce serait de ne pas se concentrer sur l'Ile-de-France où il y a déjà du potentiel », conclut-il, en rappelant qu'il en est de même pour d'autres secteurs dans d'autres villes (comme Toulouse, qui concentre « un formidable savoir-faire dans l'aéronautique »). Force est de constater qu'aucune autre région française ne figure dans le haut du classement pour le logiciel. Pas même Rhône-Alpes (259 millions d'euros de revenus l'an dernier) ou le Nord-Pas-de-Calais (169 millions).

Christophe Dutheil
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