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Facebook, populaire, rentable, mais encore?

17 Septembre 2009 , Rédigé par Sandrine Publié dans #networkings

Dans 20minutes


Le logo du site de socialisation Facebook, photographié le 12 décembre 2007 à Londres
Le logo du site de socialisation Facebook, photographié le 12 décembre 2007 à Londres/Leon Neal AFP/Archives

INTERNET - Jusqu'où peut aller le leader des réseaux sociaux? Est-il vraiment rentable? Y a-t-il encore de la place pour d'autres réseaux sociaux? 20minutes.fr fait le point...

Facebook est devenu le roi des réseaux sociaux, avec 300 millions de membres au compteur dans le monde. Le co-fondateur et patron du site Mark Zuckerberg a annoncé sur son blog qu'il était arrivé à obtenir «un cash flow positif» au trimestre dernier, en avance sur ses prévisions de mai dernier. Il pensait alors devoir patienter jusqu'à 2010 pour atteindre cette étape.

C’est quoi, un «cash flow positif»?
Cela signifie que Facebook détient enfin une trésorerie saine, mais cela ne veut pas dire que
«tous les investissements nécessaires à l'adaptation du site à un tel nombre d'utilisateurs ont encore été amortis» précise Patrice Bonfy, responsable de la version française du blog «Inside Facebook», interrogé par 20minutes.fr.

Sur quel modèle économique repose Facebook?
Facebook, gratuit pour ses utilisateurs, tire ses revenus principalement de la publicité et du sponsoring (plusieurs centaines de millions de dollars sur un chiffre d’affaires de près de 300 millions de dollars - environ 250 millions d’euros - pour 2008). Le reste provient des cadeaux virtuels (8 millions de dollars - 5.5 millions d'euros - de chiffre d'affaires en 2008) et de ce que paient les éditeurs d’applications pour voir leurs jeux et autres quizz fonctionner sur Facebook.

«L’audience est très jeune et cela attire beaucoup les annonceurs», souligne Delphine Gatignol, responsable du développement France de l’agence de mesure d’audience Internet comScore, jointe par 20minutes.fr. «Même si Facebook a dû faire marche arrière sur le ciblage personnalisé, le site continue d’offrir les meilleures parts de marché».

Cela suffira-t-il à faire vivre Facebook à long terme?
C’est tout l’enjeu. Pour Facebook comme pour les autres réseaux sociaux, le défi est de réussir à transformer chacun de ses membres en somme d’argent, sachant que la solution de l’abonnement risquerait de faire fuir une majorité d’entre eux. Dernier essai en date pour rentabiliser sa popularité, Facebook a lancé une monnaie virtuelle à échanger contre de vrais dollars afin d’acheter des cadeaux électroniques à offrir à ses amis.

Facebook est-il vraiment rentable?
Au sein de la société américaine, on y croit fort: «Facebook gagne plus d’argent qu’il n’en dépense. Je vous laisse faire vos propres conclusions», glisse le service de presse France de Facebook, interrogé par 20minutes.fr. «C'est important pour nous (d’être rentable, ndlr) parce que cela met Facebook en position d'être un service indépendant et solide à long terme», précise Mark Zuckerberg sur son blog.

Combien de membres peut atteindre Facebook?
Mark Zuckerberg a annoncé que son réseau a connu une croissance de 100 millions d’utilisateurs en moins de six mois. 70% des membres de Facebook vivent en dehors des Etats-Unis selon son fondateur. Facebook indique en outre que la progression du site est exponentielle: «Le lancement de Facebook Lite soutient cette croissance dans des pays où les nouveaux utilisateurs recherchent une expérience simplifiée de la plateforme, et accessible même avec des débits de connexion plus lents.»

Pour Delphine Gatignol, «tant que Facebook n’est pas qu’un effet de mode, son succès n’est pas près de s’arrêter, sa courbe d’audience le prouve.» Mark Zuckerberg, lui, espère bien que son site deviendra le Google du réseau social avec 1 milliard de membres dans le monde.

Ne risque-t-il pas de connaître un déclin à la MySpace?
Le mois dernier, Mark Zuckerberg déclarait: «Nous sommes plus près du début que de la fin.» «Facebook vogue constamment sur les besoins de ses utilisateurs», vante à son tour Delphine Gatignol. En proposant un grand choix de langues et en s’exportant sur les téléphones portables,«de nouveaux marchés s’offrent à Facebook comme l’Asie et l’Amérique Latine où le réseau social n’est pas encore leader», ajoute la responsable du développement France de comScore.

Fred Cavazza, blogueur et consultant, n’est pas si optimiste: «Souvenez-vous de Spray et de Lycos, ces deux services stars des années 2000. Ils étaient extrêmement populaires et avaient chacun une audience colossale. Nous savons ce qu’ils sont devenus.
»

Le blogueur pense que Facebook pratique la «fuite en avant», rappelant que plus il y a d’inscrits, plus cela entraîne des frais et la société américaine ne pourrait pas les supporter très longtemps.

Y a-t-il de la place pour d’autres réseaux sociaux?
Sur le Net, il y a de la place pour tous, mais tout le monde ne peut évidemment pas être leader. De fait, les concurrents de Facebook sont nombreux: MySpace, Bebo, Friendster, LinkedIn, Tagged, Hi5, Twitter, Orkut. Si certains existaient avant l’arrivée de Facebook, ce dernier les a tous dépassés en audience quand il ne les a pas rachetés, comme FriendFeed le mois dernier. Dans l’immédiat, on ne peut donc guère s’attendre à un «come-back» de l’un d’entre eux.

La force de Facebook, c’est d’avoir su intégrer les fonctions de Youtube (partage de vidéos), Flickr (partage de photos) et MSN Messenger (messagerie instantanée) sur la même interface. Comment faire plus complet?
Corentin Chauvel

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