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Pour décrocher un CDI, mieux vaut être un homme qu’une femme

4 Août 2009 , Rédigé par Sandrine Publié dans #Ressources humaines

Usine Nouvelle par Christophe Bys

diversite
© Philip Date - Fotolia.com

Chiffre clé  En 2005, les femmes continuaient de rencontrer des difficultés lors de leur recrutement. Elles sont, de plus, plus souvent en CDD et à temps partiel que leurs collègues masculins. Un quart des employeurs déclarent avoir des préférences de genre pour le recrutement. Pourtant, le taux de satisfaction des recrutements féminins est supérieur à celui des embauches masculines.

 

Les résultats de l’étude réalisée en 2005   par la Dares – la direction des études du ministère du travail – laisse songeur quant à l’évolution des comportements en matière de travail. Le travail de recherche porte sur 4 052 entretiens réalisés avec des responsables d’entreprises qui venaient de réaliser un recrutement. Il en ressort que pour décrocher un CDI mieux vaut être un homme qu’une femme. Entre 30 et 39 ans, deux tiers des personnes embauchées en CDI sont de sexe masculin, la proportion étant de 59 % tous âges confondus. Corollaire : pour les seuls salariés de moins de 40 ans , 60 % des CDD sont signés par des femmes. Cerise sur le gâteau : les femmes travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes. C’est le cas de près de la moitié des femmes embauchées en CDD. Même sort pour près d’un tiers des femmes recrutées en CDI, contre 6 % des hommes en CDI.

Plus diplômées, les femmes ont moins d’expérience à faire valoir

Le niveau d’éducation n’est pas l’explication. En moyenne, les femmes embauchées en 2005 avaient un niveau de diplôme supérieur à celui des hommes. 60 % des femmes recrutées en CDI ont plus que le baccalauréat. Les hommes ne sont que 43 % ! Ce supplément de formation ne se traduit pas dans l’expérience accumulée par les femmes. « Les employeurs estiment qu’elles ont en moyenne quatre ans d’expérience utile pour l’emploi qu’elles vont occuper, contre six pour les hommes », indiquent les auteurs de l’étude. « L’expérience apparaît comme un critère de sélection important aux yeux des employeurs interrogés : tous ou presque déclarent privilégier l’expérience sur le diplôme au moment du recrutement ».

Conséquence : les femmes sont plus souvent embauchées pour des postes sous dimensionnés par rapport à leur niveau de diplôme. Contredisant les déclarations des recruteurs qui mettent les différences sur le compte de l’expérience, le déclassement des femmes commence dès le début de leur vie professionnelle, alors même que ni les unes ni les autres ne peuvent se prévaloir d’une quelconque expérience. Pour expliquer cette situation, les auteurs pointent les études suivies pas les femmes : elles préfèreraient des formations plus générales, moins opérationnelles !

Les employeurs préfèrent les hommes

Pourtant, un autre facteur pourrait expliquer cette situation. Plus d’un quart des employeurs déclare ne pas être indifférents au sexe de la personne recrutée. Et dans 70 % des cas, ils préfèrent recruter un homme plutôt qu’une femme. Pis, plus de 9 employeurs sur 10 ayant déclaré avoir une préférence ne s’arrêtent pas là : ils l’appliquent dans leur décision. Dans 95 % des cas, ils motivent leur préférence pour un homme en faisant référence à la nature du poste (91 % citent ce critère pour la préférence d’une femme). Dans 4 % des cas seulement, un homme est préféré à une femme en raison des préférences du client ou des usagers. Une raison avancée par plus d’un employeur sur deux qui préfère embaucher une femme plutôt qu’un homme.

Pourtant, le dernier résultat de l’étude montre toute l’absurdité de ces pratiques. 93 % des employeurs ayant embauché une femme en CDI referaient le même choix. Pour les hommes, le taux tombe à 81 % (pour un CDD, il est respectivement de 82 % et 77 %). Preuve que l’expérience ne suffit pas. Il y a   bien longtemps déjà qu’un homme l’avait dit : la valeur n’attend pas le nombre des années. Ni le genre des personnes. Il serait temps que les employeurs s’en rendent compte.

Lire l’étude Hommes et femmes recrutés en 2005 : le préférences des employeurs

 

Christophe Bys

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