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Les réseaux sociaux dans l’œil de la Police

18 Avril 2009 , Rédigé par Sandrine Publié dans #networkings

Dans Metro

Les sites de socialisation font leur apparition dans les investigations les plus sensibles

La gendarmerie du net

La gendarmerie du net

Photo : DR

Usurpation d’identité : un vide juridique  
 
Pour nombres d’observateurs des technologies numériques, l’usurpation d’identité est la nouvelle crainte. Le principe : ouvrir un blog, ou une page d’un site de réseaux sociaux en se faisant passer pour une tierce personne, et y ajouter des informations souvent peu reluisantes. SI le même phénomène produit sur papier, peut conduire à des poursuites pénales, un vide juridique demeure concernant les supports numériques. Conscient de la situation, le ministère de l’intérieur s’apprêterait à réagir : à l’occasion de la future loi d’orientation pour la sécurité, la Ministre de l’intérieur réfléchirait a renforcer la législation dans la lutte contre l’usurpation d’identité. En 2005 et 2008, deux sénateurs avaient proposé de légiférer sur cette question, mais leur proposition n’a jamais été débattue.

Ils fleurissent sur la toile depuis de nombreux mois et attirent chaque jour davantage d’utilisateurs… Facebook, Myspace, Twiter et bien d’autres sites sociaux ont connu en peu de temps un essor inespéré.

Une aubaine pour leurs créateurs, un outil ludique pour les internautes, mais aussi une mine d’informations pour les enquêteurs confrontés à des enquêtes délicates. Loin de céder à la psychose du « tous fiché », l’émergence des réseaux cités, et leurs utilisations – certes contrôlée- par les enquêteurs, entraînent quelques questions.

"Mine de renseignements"

Aux dires de nombreux enquêteurs, le recours aux réseaux sociaux est une réalité, mais ne dépasse pas le stade de vérifications. « On pointe souvent du doigt les fichiers de police, mais il faut savoir qu’en soit, Internet est le plus grand fichier de police disponible » explique Yannick Danio, du syndicat Unsa-Police.

« Internet offre surtout l’opportunité de déterminer qui est en contact avec qui. A cela s’ajoute un gain de temps non négligeable. Avant il y avait le listing des bottins, maintenant c’est internet. Pour autant, il ne faut pas tout prendre pour argent comptant. On ne peut pas accuser quelqu'un que l’on a vu sur Facebook ». Pour un enquêteur désireux de garder l’anonymat « il faut faire avec son temps, malgré les polémiques. On ne peut pas protester contre EDVIGE, et dans le même temps, exposer ses photos intimes à la vue de tous ».


"Prudence"

Dans le cadre de simples vérifications, les enquêteurs accèdent aux profils publics comme n’importe quel internaute. « Dans le cas de pages privées, on peut avoir recours à réquisition judiciaire » ajoute David Barbas, porte-parole du Syndicat National des Officiers de Police (SNOP), qui ajoute que « les réseaux sociaux ont permis de lutter efficacement contre la pédopornographie et certaines menaces terroristes ».

Au-delà de l’usage policier, d’autres utilisations inquiètent certains observateurs, dont la Commission nationale informatique et liberté (CNIL). « A l’heure actuelle, certaines agences de recrutements nous posent problème » confiait hier Alex Türk, président de la CNIL. « De plus en plus de recruteurs se servent de Facebook en lieu et place du C.V, certains l’ont même reconnu devant nous ». Pour Mr Türk, il est urgent de faire preuve de pédagogie.

« Si quelqu’un souhaite supprimer sa page Facebook, il faut qu’il sache que l’on ne peut garantir d’y parvenir. Je dis aux internautes, spécialement aux jeunes, d’être vigilants aux informations personnelles qu’ils mettent en ligne ». Contactée pour cet article, la direction de Facebook n’a pu répondre en raison d’un délai trop court.

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