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Quel réseau social pour moi ?

17 Avril 2009 , Rédigé par Sandrine Publié dans #networkings

LE TEMPS.CH

Chloé* regrettera longtemps son imprudence. Portée pâle d'un vendredi à un lundi en mars, l'apprentie revient fraîche comme une fleur mardi au bureau. Sa collègue lui jette un regard consterné: elle vient de suivre les aventures de Chloé à Londres. Loin d'avoir été clouée au lit, elle s'est offert un week-end prolongé et ne s'est pas privée de le raconter en direct sur le site de socialisation. Du coup, Chloé a dû s'expliquer face à ses supérieurs.

Mélanger ses amis et ses relations professionnelles sur un site de socialisation, ce casse-tête nous concerne tous. Mais ce n'est pas le seul. De quel réseau faut-il faire partie? Quelles informations doit-on publier en ligne? A quelle fréquence actualiser son profil? Des questions d'autant plus sensibles que notre boîte de messagerie regorge de demandes pour faire partie de nouveaux réseaux. Il y a Facebook, MySpace ou Linkedin, bien sûr, mais aussi Xing, Viadeo, Plaxo, Twitter, Friendster ou encore hi5...

"JE NE VOIS PAS L'UTILITÉ DE RACONTER MA VIE PRIVÉE SUR INTERNET"

Formateur d'adultes à Lausanne dans une multinationale, Roger* se concentre sur le réseau professionnel Linkedin. "Je l'utilise comme un carnet d'adresses mis à jour en permanence. C'est nettement plus efficace qu'Outlook, puisque mes contacts, qu'ils soient mes clients ou mes collègues à l'étranger, actualisent directement leur profil." Roger apprécie aussi les newsletters envoyées chaque semaine par Linkedin. "Elles me permettent de suivre le développement des réseaux de mes clients, ce qui m'intéresse pour mes propres affaires."

Roger est absent de Facebook. "Je ne vois pas l'utilité de raconter ma vie privée sur Internet. Sur Linkedin, seul mon CV professionnel est d'ailleurs disponible. Je ne mets aucune information privée."
Nous sommes nombreux à nous inscrire à des réseaux, et à ne plus jamais y toucher ensuite. C'est le cas de Novak*, manager d'un département fiscal au sein d'une grande société de conseil à Lausanne. Si l'on cherche son nom sur Google, l'une des premières occurrences est Plaxo, le site de partage de cartes de visite. "Ah! oui, vraiment? Je l'avais oublié. Les informations ne doivent plus être à jour, je vais regarder. J'utilise avant tout Linkedin pour suivre avec attention mes clients: ce qu'ils deviennent, avec qui ils sont en contact. Certains collègues effectuent aussi ainsi de la prospection."

Novak s'est aussi inscrit, sur Linkedin, à des groupes de discussion sur des sujets très pointus en matière de taxation. "Le site m'a aussi permis d'être contacté par des chasseurs de têtes", poursuit-il. Très peu actif sur Facebook, il est aussi membre de Xing: "mon employeur précédent y a créé un réseau d'anciens collègues qui pourra m'être utile un jour."
D'abord enthousiaste vis-à-vis de Facebook, Rafael*, employé d'une banque privée à Genève, est devenu prudent. "Au début, je mettais en ligne des photos et j'acceptais beaucoup de monde comme amis, dont des collègues actuels ou anciens. Mais j'ai vu que des collègues d'une autre banque mettaient en ligne des vidéos tournées au bureau. Je me suis aussi rendu compte que certains employés des ressources humaines étaient présents sur Facebook. Du coup, j'ai retiré une grande partie de mon contenu." Rafael va désormais plus loin. Sa compagne ne souhaite apparaître sur aucune de ses photos en ligne. Il doit donc parfois demander à des amis de retirer de Facebook leurs photos prises lors de soirées.

QUELS RÉSEAUX PRÉFÉRER?

"Il faut accepter que vos amis et vos relations professionnelles soient présents sur Facebook", estime Hervé Bloch, directeur de la société de marketing en ligne Emailvision pour l'Europe centrale et de l'Est. L'homme est un utilisateur averti des réseaux sociaux: 1900 contacts sur Linkedin, 3500 en tout sur ses réseaux. "Mon profil Facebook est sérieux et "clean", j'y ai mis mon CV complet, comme sur Linkedin. J'ai certes craqué en mettant des photos de ma petite fille, mais c'est tout: rien sur ma religion ou mes affinités sexuelles." Averti dès qu'il est identifié sur une photo mise en ligne, Hervé Bloch "la "détague" dans la minute si elle ne convient pas".

Quels réseaux préférer? "Linkedin est le meilleur pour la qualité des personnes, le côté international et la crédibilité du réseau. Mais si vous voulez développer vos contacts dans le monde francophone, Viadeo est tout indiqué", poursuit Hervé Bloch. Toujours dans le domaine professionnel, Xing, d'excellente qualité, est fortement développé en Suisse, en Allemagne et en Europe de l'Est. "Les Romands doivent aussi s'intéresser à Rezonance: la majorité des acteurs importants du monde professionnel romand y sont", assure Hervé Bloch. Celui-ci a aussi goûté au site ASmallWorld.net, sans l'apprécier: "On n'y entre que via cooptation, et les membres y parlent de leur dernier achat de jet privé… Amusant mais peu utile."

Mieux vaut se concentrer sur deux ou trois sites, afin de ne pas diluer ses efforts. Mais pour certaines professions, la question même de la présence sur un site de socialisation se pose. André*, enseignant auprès de jeunes de 16 à 20 ans à Morges, n'a aucune vie en ligne. "Je n'ai aucune envie que mes élèves aient accès à des informations sur moi ou des photos sur un site. Ils sont nombreux à me demander d'être présent sur Facebook: mais comment être ami avec eux alors qu'ils sont mes élèves que je vouvoie? Ce serait absurde."

*Prénom d’emprunt.

Anouch Seydtaghia

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