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Les DRH passent à l'heure du net

3 Avril 2009 , Rédigé par Sandrine Publié dans #Ressources humaines

Dans Focus RH


Les DRH passent à l'heure du net

Les DRH du Web s’organisent et montent leur Club des DRH du net. Après un an et demi d’existence, ce club présentait ses premiers travaux le 2 avril 2009. Geoffroy Fourgeaud, DRH de Voyages-sncf.com et président de ce club, revient sur les premiers travaux réalisés par ses membres et sur leurs ambitions.

Pouvez-vous nous présenter ce Club des DRH du net ?

Créé en octobre 2007, ce club vise à regrouper des entreprises qui ont des préoccupations importantes et communes autour du Web, notamment au sujet des métiers propres à ce secteur. Nous avons invité des DRH et RRH du Web à nous rejoindre. Aujourd’hui nous sommes 30. Parmi nos membres, nous comptons notamment Dailymotion, eBay, Yahoo, Vente-privee.com, Viadeo, Monster etc. Nous avons vocation à regrouper les acteurs des sites marchands, des portails Web et des portails médias.
L’objectif est de se donner des outils dans un secteur peu structuré et dans lequel nous n’avons pas - ou peu - d’indicateurs. Par exemple, jusqu’ici, un salarié dans ces métiers demandait un certain niveau de rémunération. Et chacun s’alignait en fonction de ses propres critères. Nous naviguions un peu à vue. Ce club nous permettra donc de partager des informations, de mener des enquêtes communes, de partager aussi les coûts relatifs à ces enquêtes, d’échanger...

Quelles sont vos principales réalisations depuis votre création ?

A l’époque, nous avons mené un tour de table pour savoir quels étaient les métiers propres au Web, pour en identifier les compétences clés. Nous avons ainsi créé un référentiel des différents métiers. Nous somme arrivés à 32 métiers regroupés en sept familles : marketing, commercial, graphique, éditorial, informatique, logistique et management spécifique au Web.
Nous avons également mené une enquête sur les rémunérations auprès de 1 600 salariés, sur une dizaine de métiers audités. Cela nous a permis d’obtenir une fourchette de rémunération sur nos métiers spécifiques. Par exemple, aujourd’hui, nous avons une idée plus juste de la rémunération d’un développeur Web avec 3 ans d’expérience. Bien sûr, il existe déjà des enquêtes sur ces questions. Mais elles sont menées par de gros cabinets qui donnent des tendances généralistes, dans lesquelles nous ne retrouvons pas nos métiers.
En ce sens, nous connaissons également quelques difficultés pour trouver des jeunes diplômés formés au métiers du Web.

Pourtant, ne dit-on pas que la génération qui arrive sur le marché du travail est rompue à la culture Internet ?

Il existe encore peu de formations pour préparer les étudiants aux métiers du Web, avec une culture technologique, marketing etc. La culture Web que nous souhaitons faire passer est différente de la culture de l’internaute. Elle ne se limite pas à Facebook. Il y a également tout un aspect économique autour de la notion de marché du Web. De même, il est difficile à l’heure actuelle, de trouver des compétences pointues en référencement, par exemple.
Nous nous sommes donc rapprochés de Sciences-Po. Nous avons monté un premier module d’introduction aux métiers du Web. Pour le moment, le sujet reste en suspend.
Notre secteur recrute et recrutera encore à l’avenir. Nous devons donc trouver des jeunes à bac +5, formés spécifiquement à ce domaine.
Il existe bien quelques écoles spécialisées en informatique, dotées de formations spécialisées très poussées en développement Web. Mais ce n’est pas suffisant. Et tous ces étudiants ne veulent pas nécessairement travailler sur le Web.

Quelles sont vos ambitions pour les mois à venir ?

Nous ne souhaitons pas nous ouvrir au tout-venant, mais accueillir les DRH qui ont les mêmes préoccupations que les nôtres. Plus que devenir un grand club de DRH, nous souhaitons conserver une taille modeste qui nous permettra d’agir avec plus d’efficacité. En termes de réalisations concrètes, nous aimerions monter une formation à Bac +3 et une formation en e-business avec un organisme tel que Sciences-Po.

Propos recueillis par Brice Ancelin

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