Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le boom des réseaux sociaux écolos

8 Décembre 2008 , Rédigé par Sandrine Publié dans #networkings

surecolo-infoDe Anne-sophie • 07 décembre 2008 •
Catégorie:
Se cultiver/Papoter

Dans l’activité de veille internet que nous effectuons avec Ecolo-Info,  nous saisissons facilement les tendances et les vogues de la toile verte. Il y a eu depuis 2006 un boom des sites de vente de cosmétiques bio, qui a laissé place à une autre tendance l’été dernier avec le boom des sites et des initiatives d’éco-tourisme. Aujourd’hui nous sommes dans le boom des réseaux sociaux écolos. Décryptage.

Cette tendance a naturellement été lancée par Facebook, génial outil créé dans une chambre d’étudiant à Harvard par Mark Zuckerberg. Les ONG, les associations, tout comme les entreprises ont rapidement compris l’intérêt de créer un groupe, de fédérer une communauté d’acteurs, de facilement diffuser de l’information et, chose non négligeable, de lever des fonds. Plusieurs groupes écolos existent sur Facebook, mais leur fonctionnement peut faire face à certaines limites: ainsi que me le spécifiait Bix (à l’origine du groupe J’économie l’énergie sur Facebook - 3541 membres) le week end dernier, au-delà d’un certain nombre de membres (5000 je crois), il n’est plus possible d’envoyer des messages et il faut alors fractionner sa communauté pour communiquer. Personnellement, la dernière fois que j’ai envoyé un message on m’a traité de spameuse, j’ai fait « gloops ». Bizarre.

L’identité de Facebook est très large et ne suffit plus pour certaines causes semble-t-il: d’autres réseaux ont entrepris de se créer depuis. Dans la sphère écolo, le DD Network (réseau de professionnels de 290 membres) a été lancé cet été par l’agence de communication Patte Blanche sur la plateforme de création de réseaux personnalisés Ning. Cap21, le parti politique de Corine Lepage désormais attaché au Modem, avait également, dès le mois d’avril, entrepris de créer un réseau de ce type sur Ning (Cap 21 Lab, 99 membres à l’heure actuelle).

Nous vous avons parlé il y a peu de Tinkuy, un projet communautaire lancé par Renaud le Chatelier et 4 de ses amis, ayant pour vocation de motiver les consciences, de fédérer et stimuler les internautes inscrits. Dans une logique d’intelligence collective, les meilleures idées et propositions vertes remontent vers le haut, les internautes les plus actifs gagnent des points, échangeables par la suite en bon d’achat vert ou soutien pour les ONG partenaires.

Au passage, en parlant de points et d’achats verts sachez que Maximiles vient de lancer un système de points pour la planète, Fideleamaplanete.com (en partenariat avec le WWF, Action Carbone, Direct Energie, Daniel Jouvance, Paru Vendu et Sncf.com… on regrette juste que le premier prix à gagner du jeu mis en place pour l’occasion soit un voyage au Maroc… mais l’idée globale du programme de points est bonne!)

Communautés, villages, partage, échange, services…

La semaine dernière, c’était au tour du WWF de “lancer son Ning”, en personnalisant entièrement la plateforme à ses couleurs. Planète Attitude est passé d’une quarantaine de membres le 27 novembre à 1001 membres aujourd’hui. Vous y trouvez des groupes, des vidéos, des images, etc. Un moyen de rester relié à d’autres là aussi, d’avoir un agenda des événements, de communiquer facilement et d’acquérir une force de frappe lors de pétitions ou de besoin mobilisation massive. Un moyen d’obtenir plus facilement des dons aussi.

La COCIPE est aussi un projet fédérateur et citoyen: le projet est né dans la tête de Didier Laurent il y a 2 ans, et devrait prendre une grande ampleur en 2010. Fondé sur le désir d’agir de nombreux citoyens, la COCIPE tend à regrouper et unir ceux qui ont envie de faire quelque chose, d’échanger et partager un savoir faire, de créer un projet ou simplement donner du temps. L’originalité de la COCIPE réside dans son indépendance vis-à-vis des partis politiques, des associations et ONG. Si elle entend travailler avec plusieurs ONG, elle ne souhaite pas d’y relier totalement afin de laisser à chacun dans le réseau la liberté de s’identifier ou non à une démarche. Si vous avez une idée et souhaitez trouver d’autres personnes pour la réaliser, la COCIPE vous permettra de lancer un appel facilement et trouver votre bonheur.

Dans le genre et existant depuis plusieurs années sur un principe un peu plus restreint mais fort similaire (le principe repose sur le bénévolat de compétences, l’aspect réseau social et citoyen en moins), il y a aussi Passerelles et Compétences, dont la réputation n’est plus à faire dans les milieux associatifs.


Passerelle
envoyé par petc

Enfin, jeudi soir dernier j’ai également assisté au lancement de la V2 du site Human Village. Cette association existe depuis août 2007, est à l’origine de plusieurs événements (les conférences “chic planète”), regroupe d’ores et déjà 8000 membres et repose sur des financements publics et privés. Ainsi, humanvillage.com 2.0 affiche clairement la volonté de créer un réseau social ouvert, une “communauté de services citoyens et solidaires” afin de dépasser l’information et promouvoir les actions, rendre visible et fédérer la communauté (programme “stop carbone”, sensibilisation, projets de terrain coups de cœur, Gérard Klein s’engagera aussi à faire connaître les gens formidables avec gerardklein.org, des soirées musicales avec Artists for Human Village, etc.). D’ailleurs, ADN Atelier Design, qui a travaillé sur l’identité visuelle d’Human Village, a revu le logo afin qu’il n’apparaisse pas comme une “marque ombrelle” (on gomme les majuscules, les effets de reliefs, on cherche une caution et un label et on laisse la communauté ouverte) et reflète l’ambition du projet : créer des sous-communautés dans un village ouvert à tous, diffuser un maximum l’information, et créer des outils de partage utiles pour l’homme et la planète.

Notez que la campagne presse réalisée gracieusement par CLM BBDO s’adresse essentiellement aux entreprises (”et si la nature était l’avenir de votre entreprise”) : Human Village compte en effet mettre en place des portails co-brandés pour les sociétés souhaitant profiter du réseau pour communiquer sur leurs efforts environnementaux et sociaux. Un moyen aussi d’associer les entreprises et d’assurer un modèle économique durable au projet. M’est d’avis que cela permettra aisément de faire de la veille d’opinions, et d’échanger plus facilement avec un panel de citoyens engagés.

En Suisse, demain à l’occasion de la “Journée Mondiale du Cimat”, l’association NiceFuture propose deux actions citoyennes: une “flashmob” sous forme de freeze à la gare de Lausanne et… devinez quoi? Le lancement d’une communauté virtuelle “écolo” sur internet:-)

La mobilisation citoyenne est urgente et indispensable, et sur le site internet de son action “Anges gardiens de la Planète”, NiceFuture lance une communauté virtuelle  où l’internaute inscrit pourra partager ses trucs et astuces pour le climat, rencontrer d’autres personnes ou associations sensibles à l’environnement, s’engager pour des projets, agender des événements et des formations liés au problématiques environnementales. Une échelle de mesure comportementale permettra également à chaque inscrit d’évaluer son comportement quotidien et ses actions pour l’environnement et de les améliorer…

Pour finir, je pourrais également parler de Colibris, le mouvement Terre et Humanisme, plateforme collabrative lancée le 22 Octobre dernier sur laquelle travaille actuellement Pierre Rabhi et son équipe, avec l’ambition de créer un vrai ralliement de terrain en 2009. D’autres ONG réfléchissent aussi aujourd’hui aux moyens de donner plus de pouvoir aux actions citoyennes, et tout cela s’inscrit dans un mouvement de fond qui rend si passionnant la force du web.

Les seules limites, car il y en a : la multiplication des réseaux, des comptes personnels, la fractionalisation des démarches, la surcharge des boîtes lorsque l’on ne configure pas opérationnellement son compte (ce qui n’est pas toujours facile d’ailleurs tant les options sont diverses), et donc le risque de saturation de l’internaute. Attendons maintenant de voir la manière dont ces réseaux vont prendre de l’ampleur, et la manière dont le ralliement virtuel des consciences et des énergies va se transformer sur le terrain, car là est le véritable défi, au-delà des groupes, des identités, et du temps passé sur le net pour gérer le tout ;-) J’ai de bons espoirs au regard des CarrotMob et des Freeze observés de l’autre côté de l’Atlantique (et un peu en France)… et tout cela me fait dire une fois encore que nous vivons une époque difficile, mais une époque tellement formidable! Nous avons les solutions entre les mains, il ne reste plus qu’à saisir les évidences, choisir et voter en conscience et nous plonger dans le monde de demain avec nos plus belles espérances!

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article