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Google perd des cerveaux

16 Mai 2008 , Rédigé par Sandrine Publié dans #networkings

Dans le Monde

En quelques mois, plusieurs dirigeants de premier plan ont quitté Google. Tous ont été débauchés par Facebook, le réseau social d'origine américaine le plus populaire (avec MySpace).

Il y a eu Ben Ling, à la tête du service de paiement en ligne Google Checkout, aujourd'hui directeur du marketing chez Facebook. Ethan Beard, directeur du développement du réseau social, précédemment en charge des "médias" sociaux chez Google. Et Sheryl Sandberg, directrice opérationnelle de Facebook après avoir été vice-présidente de Google.

Dernier transfuge en date : Elliot Schrage, directeur de la communication de Google (remplacé par Rachel Whetstone). Son arrivée chez Facebook a été annoncée officiellement en interne début mai, selon Kara Swisher, du blog spécialisé AllThingsd.com.

Que signifie une telle hémorragie ? Le moteur de recherche en ligne le plus utilisé au monde est-il en perte de vitesse ? Début 2008, l'institut d'études ComScore a semé le trouble chez les analystes financiers, jusqu'alors fans de l'action Google. Il affirmait que le nombre de "clics" sur un site commercial suite à une recherche via le moteur Google avait baissé de 8 % entre décembre 2007 et janvier 2008. Or Google n'est rémunéré par les annonceurs que si un internaute clique sur les "liens sponsorisés" de ces derniers.

Les résultats du moteur pour son premier trimestre 2008 ont levé les doutes sur la solidité de sa croissance. Son chiffre d'affaires a progressé de 7 % entre le dernier trimestre 2007 et les trois premiers mois de 2008 (5,2 milliards de dollars). Ses profits ont également augmenté de 8,3 % sur la même période (1,3 milliard de dollars). Google semble pour l'instant insensible au ralentissement économique mondial et aux restrictions de budgets publicitaires.

A court terme, difficile d'identifier qui pourrait menacer son leadership (Google capte un tiers des dépenses des annonceurs sur le Web). La menace d'un rachat de Yahoo ! par Microsoft, qui aurait créé un concurrent de poids, est écartée au moins pour plusieurs mois, le premier éditeur mondial de logiciels ayant officiellement jeté l'éponge.

Alors pourquoi autant de départs ? "L'attrait pour une société - Facebook - qui pourrait bientôt entrer en Bourse", répondent des observateurs dans la Silicon Valley. Ou qui suscite des convoitises, dont celle supposée de Microsoft. Introduite en août 2004 sur le Nasdaq, la Bourse américaine des valeurs technologiques, l'action Google a été multipliée par sept en trois ans, enrichissant des centaines d'employés détenteurs de stock-options. Mais depuis novembre 2007, elle a perdu 25 % de sa valeur.

Facebook, lui, n'est toujours pas entré en Bourse. Le réseau reste une société à capitaux privés, détenus par des fonds de capital risque, les fondateurs du site, et Microsoft (à hauteur de 1,6 %). Pour autant, un parcours boursier fulgurant, comme celui de Google, est-il crédible ? A priori non, tant que Facebook, qui se rémunère en vendant des espaces publicitaires à côté des pages de ses membres, n'aura pas trouvé un modèle économique plus novateur.

Cécile Ducourtieux
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