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Le site Facebook en français est lancé

11 Mars 2008 , Rédigé par Sandrine Publié dans #networkings

le figaro.frMarie-Catherine Beuth

Depuis son lancement en espagnol, le nombre d'hispanophones qui s'inscrivent a triplé.

Tout utilisateur de Facebook sait que «poker» veut dire signaler sa présence à une personne sur le site . Mais à l'heure où Facebook a décidé de s'adapter aux différents pays, il doit trouver des expressions équivalentes dans les langues nationales. Lancé le 11 février, le site espagnol a adopté «dar un toque» quand l'allemand utilise «anstupsen» depuis le 3 mars. Mais sur le site français lancé lundi, Facebook verse dans le franglais avec son «envoyer un poke».

Avec l'ouverture de la version française, Facebook achève la première phase de son internationalisation, annoncée en décembre dernier. Ces trois adaptations européennes lui permettront d'affiner sa méthode de traduction en vue d'un déploiement mondial.

Pour basculer en français, le réseau social a invité plusieurs milliers de ses membres francophones les plus actifs à ajouter un petit logiciel de traduction («application») à leur profil. Environ 4 000 sur 1,5 million d'utilisateurs pratiquant la langue de Molière ont accepté de traduire les quelque 40 000 phrases employées par Facebook. Ils pouvaient le faire au gré de leur navigation sur le site ou en cherchant l'équivalent français de listes de mots. La communauté a ensuite discuté des propositions puis déterminé, par vote, quels termes seraient gardés, en fonction de «ce que Facebook devrait être en français». L'hybride «envoyer un poke» l'a ainsi emporté sur les «faire un signe», «faire un clin d'œil» et «toucher du doigt». Linguistiquement plus correctes, ces locutions ne répondent pas, selon les utilisateurs, à l'esprit du site et à l'action qu'il s'agit d'exprimer. L'engouement des internautes français a permis de convertir les formules de Facebook en une journée.

 

60 % hors des États-Unis

 

«Notre ambition est de briser le plus de barrières possibles et une des plus importantes est celle de la langue», explique Javier Olivan, directeur du développement international de Facebook, dont 60 % de l'audience se situe désormais en dehors des États-Unis. Une fois ce frein levé, l'audience décolle. Ainsi, depuis le lancement de la version espagnole, le nombre d'inscriptions quotidiennes a triplé dans les pays hispaniques. Facebook en attend autant pour la France. Ce déploiement international est vital pour Facebook alors que certains indicateurs ont perçu un ralentissement de son trafic au Royaume-Uni en décembre. Facebook assure que le nombre de membres actifs croît toujours outre-Manche.

«Nous voulons être disponibles dans le plus grand nombre de langues possibles. Mais nous devons encore peaufiner notre logiciel de traduction afin de pouvoir transcrire des idiomes qui relèvent d'une structure grammaticale complexe et expriment un sens de lecture différent», précise Javier Olivan. Ceci explique pourquoi le quatrième pays les plus «facebookophile», la Turquie, qui rassemble 3 millions d'inscrits, ne figure pas en tête de liste des versions locales.

Si, au niveau mondial, l'architecture du site est en anglais, le contenu des échanges, des applications et même des publicités peut être proposé dans la langue de l'émetteur. «Notre plate-forme publicitaire est basée sur le self-service et permet à quiconque de créer une campagne personnalisée qui correspond à ses besoins dans la langue qu'il souhaite, souligne Javier Olivan. De même, nous avons vu de nombreux développeurs français ou autres créer des applications et les proposer sur Facebook.» Une fois le logiciel de traduction perfectionné, il sera aussi facile de traduire Facebook dans toutes les langues que d'internationaliser une application locale. La boucle sera alors bouclée.

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